Heureux papa de la compilation Sisters sortie en 2009 chez Phunk, Hervé Siard continue de soigner son Oedipe avec « Maman », son tout premier label.

Les règles de Maman…

Chez cette Maman là, tout est permis, ou presque. Ses artistes n’ont pas de style musical particulier, pas de règles à respecter. La seule exigence de Maman c’est un format pop (des morceaux courts et chantés) expérimental. Production ou interprétation, le mot d’ordre ici, c’est l’expérimentation. Casser et questionner la pop classique pour un son à la fois familier, comme une maman, incompréhensible et nouveau, comme un ado…

C’est d’ailleurs comme un adolescent, les oreilles vierges de tout son, de toute référence, que Maman aimerait que vous l’écoutiez, avec « l’illusion selon laquelle à chaque bonne chanson, le monde recommence à zéro, l’ardoise est effacée, tous les triomphes sont pour tout de suite, toutes les défaites pour demain » (Greil Marcus dans la préface à Awopbopaloobop alopbamboom de Nik Cohn).

Les fils préférés de Maman…

Après un premier EP du groupe Sheraff sorti fin 2009, Maman Records produit alors le nouvel EP des Anglais de Clock Opera en juin 2010. Elle décide alors d’importer deux jeunes américains, Kisses, sur le continent européen, tout d’abord avec un EP mais surtout avec un album le 1er novembre. vient ensuite l’EP de Chad Valley et une autre sortie que MaMan préfère garder secrète mais dont elle est très fi ère…

Les sorties d’EP s’accompagnent de remixes dont les géniteurs sont entre autres Plaisir De FranceDyeMickey Moonlight, Logo, Panteros 666, Collateral, Rove Dogs…

Car chez Maman, les remixes, c’est important. Mais il ne s’agit pas de remixer pour rendre dansants des titres qui ne le sont pas ou peu. Ce qui intéresse encore et toujours Maman, c’est d’expérimenter, de proposer, pour un track donné, d’autres idées de production et de son.

Le FILS À Maman…

Maman est peut-être son premier label, mais Hervé Siard n’en est pas à son coup d’essai.

Des raves lorraines où il mixait expé dans les chill-out aux soirées londoniennes (Durrr, etc…) où il découvre dès 17 ans l’art de mélanger les genres et l’amour « vrai » de la musique, en passant par un job de graphiste où il passe un peu trop de temps sur

Hypem, Myspace et autres blogs, Hervé a rencontré / aimé / détesté / conseillé / saoulé / provoqué / épaulé, nombre d’artistes.

C’est un peu à cause de ça (et pour d’autres histoires privées que nous ne vous raconterons pas…) que le label Sister Phunk débauche peu à peu Hervé pour dénicher les perles rares de sa compilation Sisters. Succès critique français et réseau surdéveloppé à la clef, Hervé se lance alors comme un grand, avec Maman.

Arthur Castillon
• c’est le graphiste de MAMAN, pochette et pixels, c’est lui qui s’assure que tout est carré. Et elle l’a pris comment ta mère ? «La mienne pensait que c’était en hommage à son indéniable sens du rythme, que ça se voyait qu’on avait tous été des petits enfants heureux, que l’on a tous été nourri à la musique. A une époque où tout est hardcore, ça fait du bien de voir des gens faire quelque chose avec un peu d’amour et de poésie, que Maman n’a pas besoin de sexe pour exister (Maman je n’ai plus 5ans). »

Bruno Wandel
• c’est le RP et l’event man de MAMAN, si elle passe à la télé, dans les journaux, rempli des stades et collabore avec pleins de gens cools, c’est grâce à lui… et aussi parce que MAMAN est bonne. Et elle l’a pris comment ta mère ? « La mienne croyait vraiment que le nom était une dédicace en son honneur, bonjour l’ego trip, plus fort encore que si je m’étais tatoué «maman forever» sur le bras ou que si je lui avait écris une chanson, résultat à ses yeux tous les membres de Maman Records sont un peu ses enfants, mon dieu si elle savait! »

Thomas Lelu
• c’est l’artiste de MAMAN, c’est lui qui a créé son identité avec ses dessins parfois obsédés, toujours remarqués.